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Le Nouveau Praticien Vét élevages & santé
Volume 17, Numéro 62, 2025
Protozoaires chez les ruminants: entre enjeux sanitaires et outils de terrain
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| Page(s) | 5 - 5 | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/npvelsa/2026008 | |
| Publié en ligne | 25 mars 2026 | |
Parasitisme des ruminants : entre enjeux sanitaires et outils de terrain

Karim Adjou
Longtemps reléguées au rang de maladies « connues et maîtrisées », les parasitoses digestives des ruminants continuent pourtant de peser lourdement sur la santé animale et les performances zootechniques. Ce nouveau numéro du Nouveau Praticien élevages & santé aborde les protozooses, maladies toujours présentes dans nos élevages. La cryptosporidiose, la coccidiose et la giardiose, en particulier, illustrent à quel point ces infections restent d’actualité.
Ce dossier thématique commence par une présentation des méthodes diagnostiques classiques et modernes des cryptosporidioses chez les ruminants par Faten Bouaïcha et coll. Bien que le diagnostic repose encore principalement sur l’observation microscopique, les méthodes moléculaires (PCR, qPCR, et séquençage…) se sont développées rapidement. Elles offrent un diagnostic plus précis et permettent une meilleure caractérisation des espèces impliquées, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de l’épidémiologie de la cryptosporidiose.
Une synthèse actualisée sur l’épidémiologie de la cryptosporidiose des petits ruminants en France est proposée par K. Adjou et coll. L’un des enseignements majeurs sur cette maladie réside dans l’importance du portage asymptomatique. Chevreaux, agneaux, mais aussi adultes peuvent excréter massivement des oocystes sans symptômes apparents, contribuant à une contamination environnementale durable. La prédominance de Cryptosporidium parvum, espèce zoonotique, souligne par ailleurs les enjeux de santé publique associés, en particulier autour des périodes de mise-bas et dans un contexte de plus en plus marqué par l’approche « Une seule santé » (One Health).
La coccidiose, une autre maladie parasitaire ayant un impact sur la santé des chevrettes, est bien décrite par Myriam Thomas et coll. Elle rappelle que la fréquence d’une infection ne préjuge ni de sa simplicité diagnostique, ni de sa gestion. Le suivi longitudinal des chevrettes autour du sevrage met en évidence une dynamique d’excrétion complexe, marquée par une très forte variabilité interindividuelle et par la coexistence d’espèces d’Eimeria aux pouvoirs pathogènes contrastés.
Longtemps reléguées au rang de maladies « connues et maîtrisées », les parasitoses digestives des ruminants continuent de peser lourdement sur la santé animale et les performances zootechniques.
La giardiose, infection intestinale due à Giardia duodenalis, est répandue chez les jeunes ruminants. Souvent sous-estimée, elle peut impacter la croissance et la rentabilité. Mohamed Mammeri et Bruno Polack présentent les principales stratégies pour mener à bien la gestion de cette maladie.
Mohamed Gharbi présente un article sur Sarcocystis spp. et sarcosporidioses selon une vision « Une seule santé » qui semble l’approche la plus adaptée pour gérer ces parasites cosmopolites. Ces derniers restent mal connus, alors qu’ils peuvent infester de nombreuses espèces animales avec des pouvoirs pathogènes très variables.
Enfin, la néosporose, causée par le protozoaire Neospora caninum, première cause infectieuse d’avortements bovins en France, est abordée par Lionel Zenner. Il présente clairement les particularités biologiques du parasite permettant une meilleure compréhension de la maladie et de ses mesures de gestion.
J’espère que ce nouveau numéro sera utile et répondra aux nombreuses interrogations des consœurs et confrères sur ces parasitoses.
Bonne lecture !
© EDP Sciences, 2026
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